La co-construction au cœur de l'action associative : accompagner les nouveaux enjeux de société et de territoire
> Thème des 58èmes Rencontres Nationales à Rennes en décembre 2023
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Le jeudi 7 décembre, au Polyblosne
À partir des exemples inspirants de membres du RNMA et partenaires (S3A à Hérouville Saint-Clair, la Ville de Villeurbanne, le Résam à Morlaix, la Ville de Nantes, et le Mouvement Associatif de Bretagne), nous avons découvert des modalités concrètes de la co-construction et une collaboration entre associations et collectivités locales.
Le "CoCon" (Conseil Consultatif de la Vie Associative) de Villeurbanne a été créé en juin 2021, à la suite des assises de la vie associative organisées par la nouvelle municipalité en 2020-2021. Ces assises ont réuni 120 participants qui ont défini un plan d'action incluant 20 initiatives, dont la création du "Cocon".
Le Cocon est composé de 24 associations tirées au sort, pour un mandat de 2 ans, réparties en quatre collèges thématiques
Solidarité, Santé, Vie sociale & vie de quartier : 6 membres
Eco & emploi, Lieux ressources & Multi-activités, Développement durable : 6 membres
Education & formation, Enfance & jeunesse, Sport : 6 membres
Culture, Loisirs, Mémoire & patrimoine : 6 membres
Son rôle principal est de faciliter les relations entre la ville et les associations locales et de co-construire des événements majeurs de la vie associative, tels que les "Dialogues Ville / associations". Le Cocon a également commencé à s'impliquer dans des questions plus larges, comme les enjeux budgétaires de la ville et les relations avec les associations.
Le fonctionnement du Cocon prévoit des plénières réservées aux associations élues, avec des groupes de travail ouverts à d'autres associations. Cependant, les membres ont encore du mal à s'approprier pleinement leur rôle, ce qui entraîne une certaine dépendance vis-à-vis de la direction pour l'organisation et la gestion des réunions. La participation aux plénières reste variable, avec environ 50% de participation moyenne, et certaines associations ayant quitté le groupe en raison d'un manque de disponibilité.
L’expérience du Cocon est inspirante à plusieurs niveaux :
Co-construction : le "Cocon" est le fruit d'un processus de co-construction avec les associations locales. Cette approche participative a permis de définir des actions en phase avec les besoins et attentes des acteurs associatifs.
Diversité et représentativité : les associations sont tirées au sort et organisées en collèges thématiques, ce qui garantit une diversité et une représentativité équilibrée des différents secteurs associatifs.
Structure collective : le "Cocon" met en place des groupes de travail ouverts à des associations non élues, favorisant ainsi une large participation et l'inclusion de différentes perspectives dans les discussions.
Animation et soutien de la direction de la vie associative : elle joue un rôle actif dans l'animation des plénières et la gestion des réunions, assurant ainsi une continuité et un cadre structuré pour les discussions et les décisions, dans une posture de facilitation.
Implication dans les enjeux municipaux : le "Cocon" commence à aborder des sujets plus larges, comme les enjeux budgétaires de la ville, ce qui montre son potentiel pour influencer les politiques publiques au-delà de la simple vie associative.
L’expérience fait également ressortir des points de vigilance :
Difficulté d’appropriation et d’autonomisation : les membres du "Cocon" ont encore du mal à s'approprier leur rôle, ce qui limite leur autonomie et renforce la dépendance vis-à-vis de la direction pour l'organisation et l'animation.
Participation fluctuante : la participation aux plénières est inégale, avec seulement 50% de participation en moyenne, et certaines associations ayant quitté le groupe, ce qui peut affecter la représentativité et l'efficacité du "Cocon".
Difficultés de légitimité : il existe un questionnement sur la légitimité des représentants, surtout dans le contexte de relations potentiellement tendues entre la ville et les associations. Cela peut affecter la capacité du "Cocon" à représenter efficacement les intérêts associatifs.
Défi de la transversalité : le manque d'expérience dans la collaboration transversale entre associations et élus rend difficile l'articulation des différentes actions et projets, ainsi que l'intégration des différentes perspectives au sein du "Cocon".
Gestion des conflits d'intérêt : lors de situations conflictuelles, comme l'occupation de locaux par un collectif, le "Cocon" doit naviguer entre représenter les associations et maintenir des relations constructives avec la municipalité, ce qui peut être complexe et délicat.