La co-construction au cœur de l'action associative : accompagner les nouveaux enjeux de société et de territoire
> Thème des 58èmes Rencontres Nationales à Rennes en décembre 2023
> Thème des 58èmes Rencontres Nationales à Rennes en décembre 2023
Le jeudi 7 décembre, au Polyblosne
À partir des exemples inspirants de membres du RNMA et partenaires (S3A à Hérouville Saint-Clair, la Ville de Villeurbanne, le Résam à Morlaix, la Ville de Nantes, et le Mouvement Associatif de Bretagne), nous avons découvert des modalités concrètes de la co-construction et une collaboration entre associations et collectivités locales.
Cette expérimentation, soutenue par un appel à projets du RNMA, vise à structurer la coopération entre différents acteurs locaux pour aborder les défis territoriaux, notamment ceux liés aux transitions écologiques. Le projet est accompagné par La Fonda, qui apporte son expertise méthodologique en utilisant le concept du "Faire ensemble".
La mise en place d’une communauté d’action
Le projet s’appuie sur la mise en place d’une communauté d'action pluri-acteurs autour des transitions écologiques. Elle réunit des associations, citoyens, entreprises, élus et techniciens des collectivités. Des rencontres régulières sont organisées pour partager une vision commune du territoire, identifier les problématiques, et définir des axes de travail. Trois projets principaux ont émergé : un espace de formation pour l’alimentation, un réseau de sensibilisation aux transitions écologiques, et l’expérimentation d'une sécurité sociale de l’alimentation.
Désormais, le projet s’attache à :
définir une stratégie de communication et une gouvernance claire pour le collectif ;
évaluer les actions entreprises, ajuster les priorités et chercher à maintenir l'engagement des participants ;
trouver un modèle socio-économique pour assurer la durabilité du projet, et envisager l’autonomisation de la communauté d’action.
Les bonnes pratiques identifiées :
Coopération pluri-acteurs : l'expérimentation implique une diversité d'acteurs locaux, y compris des associations, des citoyens, des entreprises et des représentants des collectivités. Cette approche favorise une représentation large et permet de croiser les perspectives pour aborder les défis de manière plus holistique.
Accompagnement méthodologique : le recours à l'expertise de La Fonda et à leur méthodologie du "Faire ensemble" a permis d'encadrer le processus de coopération, en fournissant des outils et des étapes claires pour structurer les actions et favoriser une collaboration efficace.
Rencontres et interconnaissance : l'organisation régulière de rencontres sur une base bimestrielle a permis de renforcer les liens entre les participants, d'établir une vision partagée du territoire, et de créer une base de connaissances commune. Cette démarche a contribué à bâtir la confiance et la cohésion au sein du groupe.
Documentation et transparence : le projet met l'accent sur la documentation rigoureuse de chaque étape, assurant ainsi une traçabilité des décisions et une transparence vis-à-vis des parties prenantes. Cela facilite la valorisation des efforts collectifs et le partage des apprentissages.
Animation et facilitation : la présence continue de facilitateurs, tant de La Fonda que du Résam, a assuré une coordination fluide des actions et aidé à maintenir le cap sur les objectifs communs. La co-animation permet également d'intégrer diverses compétences et perspectives.
Flexibilité et adaptation : le projet s'est adapté aux circonstances, notamment en réponse aux crises environnementales locales (sécheresse, incendies), ce qui a renforcé l'urgence et la pertinence des actions entreprises. Cette capacité d'adaptation montre la résilience du collectif.
Implication des acteurs locaux : le projet inclut des actions spécifiques pour mobiliser les élus et les citoyens, leur permettant de s'approprier le processus et de contribuer activement. Cela augmente la légitimité et l'impact des initiatives mises en œuvre.
Création de projets concrets : la mise en place de projets tangibles, comme l'espace de formation pour l’alimentation et l’expérimentation d'une sécurité sociale de l’alimentation, a donné un objectif concret au collectif, facilitant l'engagement et la mobilisation des participants.
Enjeux et difficultés de l’expérimentation
Participation et engagement des acteurs : il y a eu un taux de défection notable, passant de 40 participants initiaux à 30 actuellement actifs. La diversité et la légitimité des acteurs, notamment des entreprises et des collectivités, sont également un défi.
Animation de la démarche : le processus de coopération inter-associative est complexe, notamment en raison des différents codes et attentes des acteurs. Le turnover des élus et la difficulté à maintenir une participation active sont également des obstacles.
Gouvernance et pérennisation de la communauté : la question de la gouvernance du collectif reste en suspens. Il y a un besoin de définir une structure qui pourrait pérenniser la dynamique une fois l'accompagnement de La Fonda terminé.
Frictions et légitimité : le projet a rencontré des frictions internes, notamment concernant la visibilité des co-animateurs et la légitimité des différents acteurs à porter ce projet.
Le projet met en lumière la nécessité de coopérer pour répondre aux défis écologiques, tout en soulignant les difficultés inhérentes à la coordination d’acteurs divers. La pérennisation de cette dynamique collective dépendra de la capacité des participants à maintenir leur engagement et à trouver des solutions de gouvernance efficaces.