La co-construction au cœur de l'action associative : accompagner les nouveaux enjeux de société et de territoire
> Thème des 58èmes Rencontres Nationales à Rennes en décembre 2023
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Le mercredi 6 décembre, à la Maison des Associations de Rennes
Présentation des principaux éléments et enjeux de cette charte, par Rozenn Andro, adjointe déléguée à la vie associative à la Ville de Rennes, et Benoit Valet du Mouvement Associatif Rennais (MAR).
La charte vise à mobiliser les acteurs locaux pour répondre aux enjeux écologiques, sociaux et économiques du territoire. Elle n'aurait pas pu voir le jour sans une forte volonté politique. Le développement de ces politiques publiques et de la relation entre associations et collectivité a commencé dès les années 1970, avec la création des équipements de quartier. La signature dès 2006 de la charte locale des engagements réciproques entre la collectivité et le monde associatif rennais témoigne de ce précieux héritage.
La charte d'engagement réciproque est le fruit d’une co-construction enracinée dans l’histoire locale de Rennes, reflétant les spécificités et le patrimoine collectif de la région. De nombreux ateliers impliquant plus d'une centaine d'associations ont été organisés pour aboutir à un document ambitieux qui établi un cadre commun : La nouvelle Charte d'Engagements Réciproques de Rennes.
La CER repose sur sept enjeux fondamentaux :
Renforcer le pouvoir d’agir pour une gouvernance renouvelée et une démocratie locale riche
Affirmer la place des associations dans la co-construction des politiques publiques locales
Promouvoir une société égalitaire permettant à chacun d'exercer sa citoyenneté
Renforcer les pratiques éco-responsables
Développer une société numérique éthique et responsable
Valoriser l’expérience associative et les compétences bénévoles
Encourager l’innovation sociale et l’expérimentation
La réactualisation de la charte a permis de réaffirmer certains principes et d’en introduire de nouveaux, notamment la lutte contre les exclusions et la transition écologique. Cette mise à jour était nécessaire pour répondre aux urgences collectives actuelles.
La co-construction implique une reconnaissance des différentes responsabilités des associations et de la collectivité. La charte sert de feuille de route pour les services municipaux, nécessitant un travail politique transversal et collaboratif. Le MAR a joué un rôle clé en facilitant le dialogue entre la collectivité et les associations, en cherchant à intégrer les expertises et à inclure tous les publics. La participation active des associations à la co-construction des politiques publiques a été essentielle. Ce processus contribue à l’efficacité des politiques et prépare le terrain pour les générations futures.
Depuis un an, des initiatives telles que la mise en place d’une politique de RSE pour les associations rennaises et la création d’un outil d’auto-diagnostic sur les enjeux environnementaux et d’inclusion ont été lancées. Ces outils ont été testés auprès des associations et visent une amélioration continue.
Un engagement fort a été pris pour la formation des associations afin de faciliter leur adaptation aux changements. Un plan de formation gratuit a été mis en place, avec des formats variés comme des hackathons et des sessions de formation. L’objectif est de ne pas complexifier la tâche des bénévoles mais de renforcer leur pouvoir d’agir.
Le tissu associatif rennais se caractérise par la multiplicité, la diversité et la vitalité de ses acteurs. Le partenariat entre la ville de Rennes et ses associations constitue une "tradition locale" caractéristique de l'histoire sociale, culturelle et politique. Qu'elles interviennent dans le champ de l'accès aux loisirs, du sport, de la culture, de la solidarité, du lien intergénérationnel, de la proximité dans les quartiers, les associations locales et équipements de quartiers sont les premiers artisans du vivre ensemble et les premiers maillons de la citoyenneté active. La co-construction se fait implique différents services et niveaux de décision au sein de la collectivité, reconnaissant l’expertise des associations dans la connaissance du territoire. Cette approche est cruciale pour une gouvernance inclusive et participative des politiques publiques locales.
Au sortir d'une vie sociale totalement bouleversée par la crise sanitaire, tout est venu nous rappeler l'importance de l’action associative à l'échelle de la Ville et de nos quartiers. Que ce soit par les actions innovantes que les associations ont pu déployer au plus près des habitants ou, à contrario, par leurs activités empêchées qui ont souvent cruellement manqué à notre lien social. Par ailleurs, le triste record de l'abstention aux dernières élections locales vient nous rappeler le processus de fragilisation du lien entre les citoyens et leur représentation politique, et plus largement de l’état de santé du système démocratique – 2 français sur 3 appelés à voter ne l'ont pas fait. À contrario, l'engagement bénévole dans les associations ne cesse de progresser. C'est donc, en majeure partie, dans l'écosystème citoyen qu'elles constituent que se construit la démocratie locale et que peut s'engager le processus de la rénovation démocratique.
Premières alliées de l'idéal républicain, véritables médiatrices du faire et du vivre ensemble, les associations sont un bien commun sur lequel repose notre cohésion sociale. Dans ce contexte, elles doivent être pleinement considérées dans leur autonomie et leur indépendance. Pour les collectivités attachées à la liberté associative, il est essentiel de réaffirmer leur place centrale. Il leur revient de les reconnaître, de les préserver et de les conforter au regard de leur pouvoir d'agir en matière de solidarité, de démocratie, de créativité, d'utilité et de transformation sociale.